Médicaments et drogues pendant l’allaitement

Lorsque vous allaitez, consultez un professionnel de la santé avant de prendre des médicaments sur ordonnance ou en vente libre, des remèdes naturels ou à base de plantes médicinales, ou des drogues.

Les données indiquent que l’allaitement est la façon la plus saine et la plus naturelle de nourrir votre bébé et comporte également des effets bénéfiques pour les mères. Aujourd’hui, 85 % des mères canadiennes allaitent à la suite de l’accouchement de leur nourrisson. Lorsque vous allaitez, la plupart des produits que vous ingérez se manifesteront dans votre lait maternel. Vous devez envisager la façon dont les médicaments, les drogues ou les remèdes à base de plantes médicinales que vous prenez pourraient affecter votre bébé ou votre capacité à produire du lait.

Bien que de nombreux médicaments puissent être pris sans crainte pendant l’allaitement, vous devriez toujours consulter votre professionnel de la santé avant de prendre des médicaments, des drogues ou des remèdes à base de plantes médicinales. Un produit sûr pendant la grossesse n’est pas nécessairement sûr pour un bébé nourri au lait maternel.

Puis-je allaiter pendant que je prends des médicaments?

En décidant de prendre un médicament ou un remède à base de plantes médicinales, vous devriez toujours envisager les raisons qui vous incitent à le prendre et quels pourraient être les risques pour votre bébé. Nous prenons des décisions de ce genre tous les jours en pesant les risques et les avantages de nos activités normales. Vous ne devriez prendre des médicaments que si vous en avez réellement besoin et à la dose efficace minimale pendant une période aussi courte que possible, tout en respectant toujours les consignes de votre fournisseur de soins de santé.

En général, la plupart des médicaments qui sont inhalés (par exemple les traitements pour l’asthme), et qui s’appliquent sur la peau, aux yeux ou au nez sont sûrs pendant l’allaitement. La plupart des vaccins sont sûrs, ainsi que les médicaments qui sont couramment prescrits aux nourrissons.

Certains médicaments qui peuvent être utilisés pendant l’allaitement pourraient nécessiter une surveillance étroite. Par exemple, votre niveau sanguin et celui de votre bébé pourraient devoir être évalués régulièrement. Si, à la suite de l’évaluation des risques et des avantages, vous décidez d’allaiter pendant que vous prenez des médicaments, vous devriez surveiller étroitement votre nourrisson pour déceler tout effet indésirable potentiel qui, selon votre médecin, serait associé aux médicaments que vous prenez.

D’autres médicaments peuvent poser un risque plus élevé et ne sont habituellement pas utilisés conjointement avec l’allaitement. Au nombre de ceux-ci, on note les médicaments contre le cancer, certains médicaments immunodépresseurs, les alkaloïdes de l’ergot, l’or, certains médicaments radioactifs et certains anticonvulsivants. Si le médicament à risque élevé ne peut être évité, votre professionnel de la santé et vous devrez discuter de la possibilité d’allaiter ou non.

Mon bébé sera-t-il affecté par les médicaments que je prends?

Presque tous les médicaments se retrouvent dans le lait maternel jusqu’à un certain point. La quantité de médicaments à laquelle un nourrisson est exposé dépend de plusieurs facteurs, comme la dose du médicament, le moment où il est pris et la fréquence, ainsi que la vitesse à laquelle la mère métabolise le médicament.

Bien que l’utilisation de préparations topiques par la mère (comme des crèmes, des vaporisateurs nasals ou des inhalateurs) entraînent généralement moins de risques pour un nourrisson que les médicaments administrés par voie orale, il est important de se rappeler que les médicaments ou les produits appliqués directement sur les mamelons avant ou après l’allaitement peuvent être nocifs pour votre bébé.

L’innocuité de certains médicaments dépend également de l’âge du nourrisson. Presque tous les effets indésirables déclarés chez les nourrissons se sont produits à moins de six mois. Les nouveau-nés et les bébés nés prématurément encourent le plus de risques d’effets toxiques.

La prise de médicaments affectera-t-elle ma capacité de produire du lait?

Les mères qui allaitent devraient toujours surveiller leur production de lait, même lorsqu’il s’agit de différences subtiles. Les médicaments suivants pourraient entraîner une baisse de la production de lait :

  • Antihistamines
  • Médicaments sédatifs
  • Certains décongestionnants
  • Certains médicaments de perte de poids
  • Diurétiques
  • Doses très élevées de vitamine B6
  • Contraceptifs hormonaux renfermant de l’oestrogène
  • Nicotine
  • Alkaloïdes de l’ergot

Le gain de poids et le développement du bébé sont directement associés à la production de lait; de modestes changements dans l’approvisionnement de lait peut entraîner des complications de croissance majeures. Le moment le plus décisif pour la suppression de production de lait est peu après l’accouchement, avant que l’approvisionnement en lait de la mère soit établi.

Devrais-je prendre mes médicaments avant ou après l’allaitement?

La fréquence et le moment de l’allaitement peut influencer la quantité de médicaments à laquelle un nourrisson est exposé. En allaitant peu avant la prise de vos médicaments ou immédiatement après, l’exposition de votre bébé au médicament peut être réduite. Cependant, cette approche pourrait ne pas être indiquée pour les nouveau-nés qui s’alimentent essentiellement toutes les deux ou trois heures ou avec les médicaments qui demeurent longtemps dans le système. Il est important que les mères qui allaitent envisagent le barème d’administration au moment de prendre une décision concernant un médicament.

Souvent, un professionnel de la santé recommandera qu’une mère qui allaite ne prenne qu’une seule dose quotidienne de médicament tout juste avant l’intervalle de sommeil le plus long de son bébé, habituellement après l’allaitement au coucher. Pour minimiser l’exposition du nourrisson lorsque des doses quotidiennes multiples sont nécesssaires, vous devriez allaiter votre bébé immédiatement avant la dose suivante de médicament.

Qu’en est-il de l’alcool, de la caféine, de la nicotine et des drogues illicites?

La caféine en quantités modérées (pas plus de deux tasses par jour) n’est pas susceptible de causer du tort à votre nourrisson.

L’alcool se libère librement dans le lait et sera ingéré par les nourrissons. La consommation occasionnelle minime d’alcool n’est pas susceptible de poser un problème au nourrisson, mais une grande consommation d’alcool ou les excès occasionnels d’alcool doivent être évités. Idéalement, l’allaitement doit être interrompu temporairement après la consommation d’alcool; au moins deux heures par boisson pour éviter une exposition inutile au nourrisson. Les effets indésirables déclarés chez les nourrissons comprennent la sédation et la dégradation des capacités motrices.

Le tabagisme n’est pas recommandé chez les mères qui allaitent. La nicotine et ses principaux sous-produits sont perceptibles dans le lait. Le tabagisme pendant l’allaitement est associé aux coliques infantiles et à des niveaux réduits de prolactine maternelle qui entraînent un sevrage précoce. Par ailleurs, on devrait tenter d’éviter d’exposer le nourrisson à la fumée secondaire indirecte.

Les drogues illicites peuvent être très puissantes. Même en très petites quantités, elles peuvent avoir des effets indésirables sur le nourrisson. On recommande d’interrompre temporairement l’allaitement si la mère a consommé ces agents et de faire preuve de prudence pour éviter d’exposer le nourrisson aux vapeurs de la fumée. La consommation de cocaïne et de marijuana par la mère pourrait entraîner une toxicité chez le nourrisson qui est associée à un ralentissement du développement moteur.

Contraception

L’allaitement exclusif peut réduire, mais n’élimine pas, les probabilités d’une grossesse dans les six mois suivant l’accouchement. Comme vous pouvez tomber enceinte à nouveau, il est important d’utiliser un moyen de contraception en tout temps.

Certains contraceptifs hormonaux renfermant de l’oestrogène ne devraient pas être utilisés au cours des premiers stades l’allaitement, puisqu’ils peuvent réduire l’approvisionnement en lait. (Cela ne s’applique pas aux produits renfermant de l’oestrogène appliqués par voie vaginale pour contrer l’atrophie vaginale durant l’allaitement.) Consultez votre fournisseur de soins de santé à propos des options en matière de contraception.

Les produits en vente libre sont-ils plus sûrs que les médicaments sur ordonnance?

Non. Les produits en vente libre, y compris les remèdes naturels ou à base de plantes médicinales, ne sont pas nécessairement plus sûrs que les produits sur ordonnance.

Et si je ne peux pas allaiter en raison de mes médicaments?

Ce ne sont pas toutes les femmes qui seront en mesure d’allaiter. Consultez votre fournisseur de soins de santé pour savoir comment votre bébé peut obtenir tous les nutriments dont il ou elle a besoin.

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