Âge et fertilité

Savez-vous comment l’âge d’une femme peut affecter la fertilité, la grossesse et l’accouchement?

Le moment de démarrer une famille est une décision très personnelle. La réponse est différente pour chaque personne. Êtes-vous prête sur le plan émotif? Sur le plan financier? Sur le plan physique? Grâce à la grande disponibilité des contraceptifs au Canada, nous avons maintenant plus de contrôle que jamais sur l’éventualité et le moment d’avoir des enfants, ainsi que sur le nombre. Bien des femmes choisissent d’attendre. Cependant, les recherches indiquent que bien des femmes ne réalisent pas que leur fertilité peut décliner rapidement et très tôt. Bon nombre d’entre nous ne savons pas non plus que les traitements de fertilité ne peuvent pas toujours compenser pour ce déclin. Le fait de retarder une grossesse peut comporter des avantages. Vous pourriez vouloir prendre du temps pour saisir des occasions de travail, pédagogiques ou personnelles enrichissantes. Et, lorsque vous avez des enfants plus tard dans la vie, vous pourriez être mieux préparée pour faire face à certaines des difficultés de la grossesse et d’être parent. Mais, votre corps pourrait avoir de la difficulté à un âge avancé. Il est important pour les femmes (et leur partenaire) de comprendre en quoi l’âge peut affecter la fertilité, la grossesse et l’accouchement et dans quelle mesure les technologies médicales peuvent être utiles.

Fertilité relative

Les études démographiques indiquent que, chez les femmes,  la fertilité commence habituellement à décroître de façon marquée dès 35 ans.

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Comment la fertilité change-t-elle avec l’âge?

La fertilité d’une femme commence à chuter au début et au milieu de la trentaine. Cela varie d’une femme à une autre; malheureusement, il n’y a pas de moyen fiable de prévoir la chute de fertilité. Les femmes perdent souvent leur capacité de concevoir des années avant la manifestation des premiers symptômes de la ménopause. Ce changement graduel de la fertilité est principalement attribuable à une diminution du nombreet de la qualitédes ovules. La perte d’ovules commence même avant la naissance. Un foetus féminin possède 6 à 7 millions d’ovules; à la naissance d’un bébé féminin, elle en possède 1 à 2 millions; à partir de la ménopause, il n’en reste qu’une centaine. L’état de vos ovules change également au fil de votre vieillissement; ils comportent un taux plus élevé d’anomalies chromosomiques, qui accroît vos possibilités de fausse couche en début de grossesse. Des facteurs non ovariens sont également en jeu. Au fil de votre vieillissement, il est probable que vous ayez connu d’autres problèmes médicaux, comme l’endométriose, des fibromes, des maladies ou des polypes tubaires, qui peuvent réduire votre fertilité.

Une tendance à retarder la grossesse au Canada

Qu’en est-il des traitements de fertilité?

Il existe plusieurs technologies médicales qui peuvent aider certaines femmes à devenir enceintes, mais elles ne peuvent pas nécessairement compenser pour la perte de fertilité liée à l’âge. C’est ce qu’on appelle les technologies de procréation assistéesou TPA. Le meilleur traitement de fertilité pour une femme dépend de son âge et de ses antécédents médicaux. Il est important de comprendre que ces technologies peuvent être invasives et dispendieuses, qu’elles peuvent comporter des effets secondaires indésirables ou des complications, et que la couverture des régimes d’assurance-santé peut varier d’une province à l’autre. Hyperstimulation ovarienne : Des médicaments sont utilisés pour stimuler vos ovaires. Cela entraînera votre corps à libérer plus d’ovules que d’habitude, augmentant vos probabilités d’une grossesse. C’est habituellement la première solution qu’une femme en proie à l’infertilité devrait essayer. Cependant, plus une femme vieillit, moins elle aura de succès à devenir enceinte avec cette méthode. Les femmes plus âgées, particulièrement celles de plus de 40 ans, devraient envisager un traitement de fécondation in vitro après seulement un ou deux cycles d’échec de l’hyperstimulation ovarienne. Fécondation in vitro (FIV) : Des ovules sont prélevés de vos ovaires et sont fertilisés par du sperme en laboratoire. Un ovule fertilisé est alors transféré dans votre utérus, dans l’espoir qu’il s’implantera. La FIV présente des taux de grossesse et de naissance vivante plus élevés que l’ hyperstimulation ovarienne. Comme avec l’hyperstimulation ovarienne, les probabilités de succès diminuent avec l’âge. Don d’ovocytes : Une femme fait don d’un ovule, habituellement au début de la trentaine ou plus jeune. Dès que son ovule est fertilisé en laboratoire, il est transféré dans votre utérus dans l’espoir qu’il s’implantera. Pour une femme qui ne produit plus beaucoup d’ovules, ce pourrait être le seul traitement efficace; les taux de grossesse associés au don d’ovocytes sont considérablement plus élevés que ceux qui sont associés à l’hyperstimulation ovarienne ou à la fécondation in vitro seulement. Certaines complications de la grossesse deviennent plus probables si vous faites l’utilisation de technologies de reproduction assistées, y compris la possibilité d’avoir des jumeaux ou des triplets. Les femmes présentant une grossesse multiple encourent plus de risques de perte foetale, d’un accouchement préterme et de complications.

En tant que mère plus âgée, suis-je à risque de complications?

La fertilité n’est pas le seul facteur qui change avec l’âge. Les femmes qui tombent enceintes après 35 ans présentent un risque accru de fausse couche, de grossesse ectopique, de prééclampsie, d’hypertension, de diabète gestationnel, de complications placentaires, de restrictions de croissance utérine et de césarienne. Leur bébé encoure davantage de risques de naître avec un faible poids à la naissance, des anomalies chromosomiques et des malformations non génétiques. La bonne nouvelle, c’est que bien des femmes de plus de 35 ans deviennent enceintes et ont une grossesse saine et un bébé en santé. Une discussion avec votre professionnel de la santé avant de tenter de concevoir vous permettra d’identifier les risques de connaître des problèmes qui peuvent être prévenus ou traités à l’avance. Le dépistage non effractif des anomalies chromosomiques au moyen de l’échographie et d’analyses sanguines est offert systématiquement à toutes les femmes, peu importe l’âge. On offre un dépistage diagnostique, comme l’amniocentèse et le prélèvement de villosités choriales, aux femmes dont les tests de dépistage laissent présager un risque élevé.

J’essaie de devenir enceinte …

Si vous tentez de concevoir et ne réussissez pas, votre médecin, infirmière ou sage-femme pourrait vous orienter vers un spécialiste en fertilité. Pour les femmes de moins de 35 ans, l’orientation se fait habituellement après un an où la femme tente de devenir enceinte. On devrait orienter les femmes âgées entre 35 et 37 ans vers un spécialiste après six mois de tentatives et on devrait orienter vers un spécialiste les femmes de plus de 38 ans qui tentent de devenir enceintes sans tarder. Un des premiers aspects que votre fournisseur de soins de santé vérifiera est la fertilité de votre partenaire au moyen d’une analyse du sperme. L’infertilité s’explique par de nombreuses causes, à la fois chez les hommes et chez les femmes, et elles ne sont pas toutes liées à l’âge.

Existe-t-il un test pour détecter l’infertilité?

Non. Il existe plusieurs types de tests qui peuvent être utilisés pour déterminer la quantité d’ovules dans les ovaires d’une femme. Bien que ces tests puissent être utiles pour déterminer si une femme est une bonne candidate pour les technologies de reproduction assistées, ils sont peu fiables pour prévoir une grossesse.

Qu’en est-il de l’âge du père?

L’effet de l’âge du père sur la fertilité et la grossesse n’est pas aussi bien défini que celui de l’âge maternel. Des recherches indiquent une diminution de la fertilité chez les hommes de plus de 40 ans et une augmentation des troubles génétiques chez les enfants dont le père est plus âgé.

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